Une inscription sur le portail de la chapelle mentionne la date de l'édifice, 1786, construit dans le style néo-roman et caractéristique de l'intérêt pour le moyen âge. Notamment la sacristie de style « néo-gothique » et l’exceptionnel ensemble de peintures en trompe l'œil qui imite une architecture et des figures en ronde-bosse. La crypte voutée est aménagée pour recevoir des sépultures. L'aménagement de la chapelle est confié à Dondaine, architecte diocésain.

 

Dédiée à Saint Roch, cette chapelle était autrefois accessible par les salons pour faciliter la dévotion du maître des lieux. L’édifice est vouté en plein cintre sur une dizaine de mètres et percé à l’est de 3 oculus – 1 quadrilobe (partie supérieure) et 2 oculus ovoïdes (en partie basse) - surplombant l’autel en marqueterie de marbre.

 

L’intérieur est orné d’un remarquable décor architectural en trompe l’œil, notamment des arcs de cloitres trilobés surplombant des saints avec attributs, séparés par des colonnades surmontées de chapiteaux corinthiens. Un jeu de moulures et de rinceaux faisant office de larmier surmonte le premier registre. Un triforium ceint la chapelle de motifs architecturaux jusqu’au centre de la voûte et retombe de part et d’autre en formant un ensemble architectural exceptionnel.

 

Des arcs doubleaux en trompe l’œil composés de trois boudins divisent visuellement l’édifice en travées ornées de réseaux, d’oves, de trilobes, quadrilobes, festons et gables. Le décor, très riche et de belle facture présente un état de conservation passable. 

 

Ces peintures en trompe l’œil sont à rapprocher de celles de la Cathédrale de Chambéry et de l’Abbaye de Hautecombe. En effet, l’architecture feinte est réalisée à l’aide de pochoirs dont les motifs pouvaient être aisément répétés. Les trompe-l’œil privilégient un éclairage qui accentue les reliefs de pierre feintes. Les lignes de mise en place des motifs sont encore apparentes. Un procédé en vogue chez les peintres italiens, très prisés pour leur habileté à rendre l’architecture des édifices religieux. Plus amples et riches, les motifs de la cathédrale de Chambéry sont mieux adaptés au volume et la magnificence du lieu ; les motifs des Barres sont plus sobres et moins sophistiqués, à l’échelle d’une chapelle de famille. 

 

Les noms des peintres Vacca et Viccario, connus pour leurs architectures en trompe l’œil ont été suggérés, mais sans aucune confirmation, vu l’absence de signature, devis ou facture permettant d’attester de la main de ces maîtres du trompe l’œil. A la tête d’importants ateliers, ces artistes sont bien représentés dans les églises du nord de l’Italie et de Savoie.